• Mon Ange Vole


     
     

    Mon petit ange, mon chat adoré, mon bébé d'amour,Ulysse est parti... Il est parti pour toujours... dans un monde où la douleur n'existe pas, où il n'y a pas de guerres, pas de souffrances, où la vie est éternelle...

    La maladie me l'a arraché des bras, le mercredi 24 juin 2009, aux environs de 14 h 30... à quelques jours de mes 40 ans... subitement, en quelques heures. Ma vie a changé en quelques heures...
    Sur mon lieu de vacances, les derniers jours, il a commencé à mal respirer. On l'a emmené dès le lendemain chez une vétérinaire, mais il allait mieux et respirait pratiquement normalement. La vétérinaire a diagnostiqué une pharyngite et lui a administré une piqure d'antibiotiques et une autre d'anti inflammatoires... et on l'a ramené au mobil-home... Il ne s'est plus nourri, mais il allait un peu mieux. J'ai cru que les piqûres l'avaient un peu déboussolé. Mais le soir... c'est là qu'a commencé le cauchemar... Il s'est remit à très mal respirer... Je ne savais pas quoi faire, à part le suivre partout où il allait pour être à côté de lui et l'aider du mieux que je pouvais en l'installant confortablement sur mon oreiller...
    A 5 h du matin, ne tenant plus, et voyant mon petit bébé d'amour au plus mal, j'ai téléphoné au cabinet de la vétérinaire pour avoir un numéro d'urgences. J'ai eu un portable et je suis tombée sur elle-même... Après que je lui ait décrit l'état de mon Titi, elle m'a dit de venir à l'ouverture... 9 h... encore 4 heures à tenir... quelle angoisse... Je ne tenais plus en place nulle part...  Mon pauvre Titi non plus, il n'avait même plus de forces... le pauvre... le pauvre, j'ai encore mal pour lui en écrivant çà 3 semaines plus tard... Et il a ronronné jusqu'à ce qu'il ne puisse plus... çà me ronge...
    A 8 h 30, on était déjà devant la porte du cabinet... et quand elle est arrivée à 9 h et qu'elle l'a consulté, le cauchemar a continué... J'ai demandé si c'était grave, elle m'a répondu que oui, çà pouvait l'être...
    Et çà l'était... un oedème pulmonaire provoqué par une insuffisance cardiaque... Il fallait le soigner au plus vite, lui enlever l'eau de ses petits poumons... il en avait beaucoup...
    Je lui ai pris sa petite tête entre mes mains et je lui ai dit que je l'aimais et que j'étais là pour lui... qu'on allait encore s'en sortir, comme d'habitude... Mais son regard à ce moment-là, je ne l'oublierai jamais de ma vie... un regard si triste, si triste, teeellement triste... où j'ai pu lire de l'amour, de la tristesse et un adieu... oh comme çà me hante... je n'ai pas réussi à tenir ma promesse de le soigner !!! Je suis ravagée par la douleur !
    J'ai du le laisser... je suis partie après lui avoir fait plein de bisous... je suis revenue pour lui en faire un dernier... mais il ne s'en est même pas rendu compte, je pense... je suis partie dévastée...
    On a tout rangé, avec mon mari, au mobil-home, pour rentrer plus tôt, le soir, à la fraîche... j'espérais encore...
    Mais quand j'ai téléphoné 2 fois dans la matinée pour prendre des nouvelles, pas d'améliorations... et l'assistante essayait tant bien que mal de me préparer au pire... Je ne voulais pas l'entendre, ce pire... je ne pouvais pas... comment étais-ce possible ? Je ne pouvais quand même pas être en train de perdre mon Titi à 6 jours de mes 40 ans, comme çà, de cette façon, loin de chez nous, pendant nos vacances... si vite, si vite... si tôt, il n'avait que 12 ans et demi.
    Non, je ne pouvais pas entendre cette horreur...

    Et pourtant... à 14 heures, quand je l'ai vu dans sa cage, sa petite tête sur sa patte, n'en pouvant plus de douleurs, j'ai enragé, j'ai maudit cette vie, j'ai eu comme un poignard dans le coeur, j'ai lâché des mains  une photo de mon bébé et une carte religieuse, j'ai lâché mes prières de toute la matinée... tout est tombé à terre et j'ai mis mes mains devant ma bouche pour ne pas crier de douleur... je venais de comprendre que j'allais perdre ce petit être qui m'était si cher... mon bébé, qui était tout pour moi... depuis qu'il était arrivé dans ma vie, il m'avait porté bonheur ! Je l'aimais plus que tout, plus que tout, je l'aime à tout perdre...
    J'ai demandé à la vétérinaire s'il était en train de mourir... Elle avait peur de ma réaction, a haussé les épaules d'un air très triste et m'a dit... "il n'est pas bien du tout"... J'ai demandé s'il y avait une chance qu'il s'en sorte... elle m'a répondu par la même réaction... Mais de toutes façon, j'avais compris... bien avant tout çà... j'étais devant mon bébé d'amour que je connaissais si bien. Je ne l'avais jamais vu aussi mal... Je savais qu'il était en train de partir... Et je lui devais de l'aider à ne pas souffrir, en vain et à partir dignement... je lui devais car je l'aimais plus que tout dans cette vie... plus que tout... Je n'avais pas le droit de prolonger ses souffrances pour le garder en vie, çà m'était d'ailleurs intolérable. Je ne pouvais pas le voir souffrir ainsi. Chaque inspiration était difficile et chaque expiration une douleur pour mon petit amour...
    "Il faut qu'on abrège ses souffrances, tout de suite"... je me suis entendue dire çà malgré moi, d'une voix étranglée...  J'étais dans cauchemar, j'allais me réveiller, ce n'était pas possible... "Je veux le prendre dans mes bras... je veux être avec lui" ais-je continué... j'étais en dehors de moi-même, je crois... on ne se rend pas vraiment compte de ce qui se passe... on aime notre petit amour et on veut le soulager avant tout... et tout se passe très vite... très vite... et notre amour pour lui nous guide à faire ce qu'on aurait voulu éviter le plus au monde... le conduire aux portes du paradis... sans l'accompagner.
    La vétérinaire a été très bien avec nous... Elle nous a bien expliqué toutes les étapes... comment çà se passait... elle nous a conseillé... on a eu tout ce qu'on voulait... Elle a été très humaine !
    Elle nous a installés dans une pièce, où je me suis assise sur un fauteuil. Elle a installé mon bébé d'amour sur mon ventre, sur mon coeur... à l'aide d'une serviette posée sous lui car il n'avait plus aucune force mon ange...
    Il respirait si mal, il recrachait de l'eau... j'avais tellement mal pour lui, çà me crevait le coeur de voir mon petit amour souffrir tout çà... Mon corps n'était que souffrance de le voir ainsi !!! Pendant que mon bébé se noyait de l'intérieur, moi je me noyais dans mes larmes et dans ma souffrance.
    Il n'était pas bien sur moi, ainsi, je ne sais pas s'il se rendait compte qu'il était sur moi, je ne pense pas, il n'était plus lui-même déjà... j'étais en plein cauchemar... Il paraît que les animaux se cachent pour souffrir... peut-être savait-il que c'était moi qui était là, à l'accompagner... Je l'espère. Je l'espère de toute mon âme.
    J'ai ce sentiment d'abandon. J'espère que mon bébé n'a pas cru que je l'abandonnais lorsqu'il était au plus mal, ce matin-là en le laissant au cabinet... Tout çà me hante... j'espère qu'il a su que je l'ai tenu dans mes bras jusqu'au bout de son chemin sur Terre... et que je souffrais avec lui...
    Avec mon mari, nous nous sommes forcés à pleurer le plus doucement possible, en mettant notre énorme souffrance de côté pour lui donner tout notre amour, qu'il garde une belle image de nous pour ses derniers instants de vie... ce fut l'épreuve la plus difficile de ma vie.... mais on l'a fait...
    Je ne pouvais le voir ainsi souffrir alors j'ai appelé la vétérinaire pour qu'elle lui fasse la première piqûre, l'anesthésie... qui le ferait dormir... Il a arrêté de souffrir d'un coup... quel soulagement j'ai ressenti pour lui. Pas pour moi, car mon chagrin a augmenté encore... Il dormait paisiblement, sur mon coeur... pendant que mes larmes ruisselaient sur lui et moi. Je l'ai caressé tant de fois, le berçant comme un bébé... Je lui ai fait plein de bisous, on lui a dit de belles choses, on l'a remercié pour tout ce qu'il nous a apporté pendant ces 12 ans 1/2... tout le bonheur qu'il nous a donné... On lui a demandé pardon de ne pas avoir réussi cette fois... pardon pour tout... On était ravagés, mais on pleurait doucement pour lui... pour lui... il ne méritait pas çà... je n'en revenais pas de ce qu'on était en train de faire... mais c'était la seule solution... et c'était l'amour qui nous la dictait.
    Nous sommes restés ainsi, longtemps à le caresser, à lui dire encore plein de choses... et puis quand nous nous sommes sentis "prêts" (on ne l'est jamais, mais faut se décider, à un moment) nous avons appelé la vétérinaire pour qu'elle fasse la piqûre finale... Je n'ai pas regardé, je regardais mon petit amour adoré... celui que j'étais en train de perdre... je le regardais en le caressant, en l'embrassant... et je pleurais, nous pleurions, mon mari et moi... Titi est parti sans que je le sente... dans mes bras pour un autre monde... Mon bébé s'est envolé vers les cieux, tel un ange en laissant son petit corps inerte dans mes bras mouillés de ma détresse... ravagée par la douleur... Je venais de perdre le petit être qui a compté plus que tout pour moi ces dernières années... Ma hantise la plus grande était de le perdre, depuis que je l'avais adopté... çà venait d'arriver... J'étais anéantie... sans trop de réactions... Il est resté dans mes bras, encore de longues minutes pendant lesquelles je lui parlais encore... Je lui disais la douleur que j'avais de l'avoir perdu... j'étais comme anesthésiée... Pendant que mon mari s'occupait des papiers et des régler ce qu'il fallait, je profitais encore de serrer son petit corps contre mon coeur, je savais que bientôt, je ne pourrais plus !
    La vétérinaire l'a pris, je lui ai fait un dernier bisou... le dernier... le dernier pour toujours... en écrivant encore aujourd'hui, je suis dévastée de douleur. C'est inouï ce que çà fait mal de perdre Ulysse...
    Elle l'a emmené... je ne sais plus très bien ce que j'ai fait ensuite... mais je me suis retrouvée à crier dans la voiture, les fenêtres fermées... J'ai hurlé ma douleur... celle que j'avais mise de côté pour ne pas l'effrayer, pour lui donner une belle image de sa "maman", qu'il l'emmène avec lui pour l'éternité, en attendant que je le rejoigne ! J'ai hurlé jusqu'à plus de voix... ma déchirure... croyant à tout moment que mon coeur s'arrêterait.
    Je venais de perdre mon petit bébé d'amour, à jamais...
    Ce que j'ai ressenti et ce que je ressens encore aujourd'hui... je ne peux le nommer, c'est trop douloureux...
    J'étais à mille lieues de me douter que j'allais le perdre, en partant en vacances... je reste inconsolable... Une partie de moi s'en est allée avec lui... d'ailleurs je lui ai envoyé une mèche de mes cheveux par la poste ensuite... chose que je n'avais pas pensé à faire sur place. Il aimait tant mes cheveux... C'est la première chose qu'il a faite quand il a débarqué dans ma vie... et je voulais lui laisser ce bonheur pour l'éternité... être dans mes cheveux, à ronronner de bonheur.
    Une partie de moi est partie en cendres avec mon petit bébé d'amour...
    Mon Ulysse, jamais je ne l'oublierai, il restera, il vivra dans mon coeur tant que j'aurai un peu de souffle pour le faire battre... Je sais que je n'aimerai aucun autre petit être de cette façon. J'aimais mon Titi comme s'il était mon enfant... Il n'avait que 12 ans 1/2... il me manque, je l'aime... je le pleure et je vais le pleurer encore longtemps, je le sens !

    J'ai du mal à comprendre les gens qui me disent de prendre un petit chaton... qu'il ne remplacera pas mon Titi, mais qu'il m'aidera... J'ai envie de leur répondre... si vous perdiez votre enfant, un autre vous aiderait à ne plus avoir mal de la perte du premier ? Non, hein ? Eh bien moi non plus... Un autre chat m'occuperait peut-être... mais il n'enlèverait en rien ma douleur de la perte de mon petit bébé d'amour...
    Quand on prend un animal, on se doit d'être libre dans son esprit pour lui, entièrement... Je n'ai pas le droit de prendre un autre petit chat et de lui interdire l'accès au canapé parce que mon Ulysse aimait y aller... où l'accès au pied de mon lit, où dans mes bras... Je n'ai pas le droit et cet autre chat n'y est pour rien, il mérite de l'amour. Je me sens incapable d'en donner à un autre qu'à Ulysse... donc il est normal que je n'en prenne pas un autre... voilà le pourquoi !

    Je dédie ce blog à mon cher amour Ulysse, pour continuer à lui dire tout mon amour, tout ce qu'il me manque... toute ma peine de ne plus le voir, de le caresser, de lui faire des bisous, de ne plus entendre ses ronrons qui m'apaisaient tant... de ne plus le tenir comme un bébé dans mes bras,... Ce blog est pour lui dire toute ma reconnaissance qu'il ait réussi à combler un peu mon manque d'enfant... Je continue ainsi de lui parler, même si je n'ai pas besoin d'un blog pour çà ! Je continue d'être avec lui, de communiquer avec lui.
    Je lui demande chaque soir de visiter mes rêves... je l'attends... j'espère qu'il viendra ronronner dans mes bras et renifler mes cheveux... le temps d'un instant magique... où il m'emmènerait sur son étoile brillante...
    J'aimerais tant être un oiseau magique pour m'envoler vers les cieux et me poser sur son étoile afin de vérifier qu'il est bien, heureux et serein...
    J'espère qu'il repose en paix, il mérite tout ce qu'il y a de meilleur. Il a été un être si exemplaire, si affectueux, si tendre et câlin, obéissant, je l'aime par dessus tout, je l'aimerai toute ma vie et pour l'éternité...

    Mon petit bébé ne m'en voudra pas, j'en suis sûre, si je passe par ce blog pour faire passer des messages sur les animaux, de temps à autres, ou de créer un espace pour que les gens rendent hommage à leurs animaux partis, eux aussi... je vais mettre tout çà en place...
    Ce blog risque de bouger dans le temps... mais il reste principalement dédié à mon Ulysse adoré... celui que je pleure chaque jour depuis 3 semaines maintenant... et que je pleurerai encore bien longtemps...

    Merci à ceux et celles qui me comprennent...



    Dulce à son cher Ulysse
    Le mercredi 15 juillet 2009



     Je t'aime... je t'aime... je t'aime...

     

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